Le repos: partie 2

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

C’est la période des vacances et personne ne voudrait les passer au lit à cause d’une fièvre, d’un rhume, de maux de tête ou d’autres malaises. Pourtant, cela arrive assez souvent, au début des vacances, de se sentir très fatigué et de tomber malade. On se demande pourquoi, on se dit que l’on n’a pas de chance. Mais, est-ce qu’il s’agit vraiment de « hasard »?

Cela ne semble pas être le cas. Il s’agit plutôt d’une nécessité physiologique du corps, qui a besoin de retrouver son équilibre. Pour en savoir plus, lisez cet article de Jean-Jacques Crèvecoeur.

Le repos: un remède aussi puissant que négligé

(Article tiré du numéro 8 de Néosanté)

« Dans son livre testament « On peut se dire au revoir plusieurs fois », David Servan-Schreiber faisait le bilan de son parcours de vie avec son cancer (pendant dix-neuf ans), à un moment où il pressentait que ses chances de passer au travers s’amenuisaient de semaine en semaine. J’ai été très touché de lire qu’il ne regrettait rien de tout ce qu’il avait entrepris, de tout ce qu’il avait partagé, à travers ses deux premiers livres, ses conférences, ses émissions de radio et de TV. Il ne regrettait rien sauf une seule chose, dont il sentait qu’elle lui serait probablement fatale: il avait négligé de se reposer, d’accorder à son corps du calme, du repos, le contact avec la nature, bref, un rythme qui respecte sa biologie… Et de citer son amie canadienne Molly, atteinte comme lui d’un glioblastome de stade quatre et qui n’a connu, en dix ans, aucune rechute. Quand on lui demande: « Qu’est-ce qui vous aide le plus à tenir la maladie à distance? », elle répond toujours: « Le calme. C’est le calme qui me protège. »

L’alternance veille-sommeil

Dans le numéro 7 de Néosanté, je vous expliquais comment l’homéostasie de notre corps oscille en permanence entre deux phases complémentaires: la sympathicotonie et la vagotonie. Ce rythme biphasique se retrouve partout dans notre vie, à commencer par le rythme veille-sommeil. Chaque fois que nous devons être performant pour agir, pour travailler, pour créer, pour faire du sport, pour faire l’amour, notre système orthosympathique est activé et stimule (entre autres) la production d’adrénaline et de cortisol. Mais vient le moment où nous sentons le besoin de nous reposer, de récupérer, de nous régénérer, en faisant la sieste ou en allant dormir pour la nuit. À ce moment, c’est le système parasympathique qui est activé et qui stimule (entre autres) la production d’acétylcholine. Au fil des jours et des nuits, des périodes d’activité et de repos, nous connaissons donc l’alternance du stress normal (dit stress positif) et de la récupération.

Remarquez qu’on retrouve cette même alternance sur des cycles plus longs, qu’il s’agisse du fameux « jour de repos hebdomadaire » qui tend malheureusement à disparaître, des congés scolaires, des vacances annuelles ou de la retraite de fin de vie. Nous le savons tous: aucun être humain, aucun animal ne peut survivre à long terme en restant bloqué en permanence sur le mode actif. Tôt ou tard, notre corps nous rappelle à l’ordre et nous impose de passer en mode de réparation.

Démarrer ses vacances par la maladie…

Entre l’âge de 28 à 40 ans, j’étais tellement passionné par mon métier que je travaillais entre 80 et 110 heures par semaine, menant de front les activités d’auteur de livres, de formateur, de conférencier, de chef d’entreprise et d’éditeur, sans compter ma vie sociale, conjugale et parentale. Curieusement, pendant mes longues périodes de travail, je n’étais jamais « malade ». Pas le temps de sortir mes poubelles alors que je courais après la performance… Jamais je n’ai dû annuler une seule conférence ou un seul séminaire. Par contre, le dernier jour de chaque trimestre, à la veille de mes vacances d’hiver ou d’été, je tombais systématiquement malade! C’était devenu une tradition: j’expérimentais un pénible état grippal (fièvre, maux de tête, articulations douloureuses) deux fois par an, aux alentours du 20 décembre et du 13 juillet. La faute à un virus? Que nenni! Une gastro qui traînait par là et que j’aurais attrapée? Pas plus! Simplement, mon corps « savait » qu’il allait pouvoir « enfin » passer en phase de régénération après cette trop longue période de stress où je lui avais imposé un rythme irrespectueux de ma biologie…

Connaissant déjà à cette époque les travaux du docteur Hamer, j’adoptais la seule attitude qui me paraissait « bio – logique ». J’annonçais à ma femme et mes filles que j’étais malade, que mon corps avait besoin de vider ses poubelles et que je me mettais au lit le temps dont il aurait besoin. Remarquez que ce n’était pas moi qui déterminais la durée de cette nécessaire vagotonie. Je m’en remettais à la sagesse de mon corps. Ainsi, pendant deux à trois jours, je gardais le lit toute la journée, limitant mes activités à un peu de lecture. Très peu de nourriture, beaucoup d’eau, pas d’exercice, pas d’activités sexuelles, pas de télévision, beaucoup de sommeil. Les nuits, je transpirais énormément, remerciant mon corps de réagir aussi bien! Le troisième jour, je sentais le moment précis où mon corps avait fini de récupérer. Je pouvais, à cet instant, me relever et débuter mes vacances avec mes proches dans les meilleures conditions possibles… Au cours de toutes ces années, jamais je n’ai eu recours à une seule aspirine, à un seul antibiotique, à un seul médicament. Il me suffisait d’écouter ce dont mon corps avait besoin: du repos!

Que se serait-il passer si je n’avais pas écouté mon corps et que je ne lui avais pas donné ce dont il avait besoin? Rien de grave, en vérité. Simplement, mon état grippal se serait prolongé pendant sept à dix jours, me gâchant une bonne partie du plaisir de mes vacances… C’est tout. Vous comprenez donc mieux, à présent, pourquoi vos vacances débutent souvent par la maladie. Ça n’a rien à voir avec l’air conditionné de votre chambre d’hôtel ou avec la qualité de la nourriture locale. C’est tout simplement votre corps qui profite de vos vacances pour sortir ses poubelles!

Quand sport et guérison ne font pas bon ménage

Même si le principe est le même pour les maladies graves, comme le cancer, la manière de gérer cette fameuse phase de vagotonie est nettement plus délicate. Le docteur Hamer a démontré que plus la phase de stress (sympathicotonie) a été longue et intense, plus la phase de récupération et de régénération (vagotonie) risque d’être délicate et dangereuse pour notre corps.

Vous vous souvenez peut-être que les athlètes féminines d’Europe de l’Est se faisaient mettre enceintes à la veille des jeux olympiques pour augmenter naturellement leurs performances sportives. L’explication est simple: la grossesse équivaut à une phase de sympathicotonie. De la même manière, les personnes dont le cancer est en plein développement bénéficient de la même augmentation de performance, parce que c’est leur système orthosympathique qui est activé! J’ai connu de nombreuses personnes qui pendant cette phase froide et silencieuse étaient dans une forme sportive et une condition physique étonnantes. Normal, l’adrénaline et le cortisol produit pendant ce temps sont des dopants tout à fait naturels!

Par contre, lorsque ces mêmes personnes basculent en phase de vagotonie (phase chaude et symptomatique), les besoins physiologiques du corps deviennent radicalement différents! À ce moment, il a besoin impérativement de ne plus travailler, de ne plus bouger, de ne plus faire de sport intensif. Bref, leur corps doit se RE-PO-SER. Pourquoi? Parce que, comme je le mentionnais dans mon article précédent, la loi biologique d’alternance fait que lorsque le système sympathique est activé, le système parasympathique est inhibé. Or, pour se réparer d’un cancer, le corps doit rester le plus possible en vagotonie, pour que cette phase dure le moins longtemps possible et pour qu’elle soit la moins coûteuse possible, biologiquement et physiologiquement. Chaque fois que nous nous levons pour travailler, pour regarder la TV, pour faire du sport, nous réenclenchons la sympathicotonie et nous arrêtons la vagotonie. Avec pour conséquence une prolongation inutile et dangereuse de cette phase de réparation.

Cela signifie-t-il qu’il faille cesser toute activité professionnelle, physique ou sportive? Oui, si ces activités engendrent un stress trop élevé, un effort important ou un déplaisir manifeste. Non, si elles nous procurent un réel plaisir, un bien-être, une fluidité naturelle, le critère-clé étant ici la douceur. En phase de vagotonie, surtout si la pathologie dont vous cherchez à vous guérir est importante, il est impératif de ne plus vous « forcer » à quoi que ce soit, même si vous pensez que faire des efforts favorisera votre guérison. David Servan-Schreiber reconnaissait lui-même: « j’ai probablement été victime de l’idéologie du stress positif. » Le sport n’est pas toujours bon pour la santé, et encore moins pour la guérison; parfois, sa pratique trop intense peut nous mener tout droit à la mort! C’est là que l’expression populaire « foncer à tombeau ouvert » prend un sens biologique tout à fait nouveau, mais tellement vrai!

David Servan-Schreiber l’avait bien pressenti, quelques mois avant sa mort, en écrivant: « À la lueur de ma dure expérience, je suis tenté de mettre quant à moi l’accent en premier sur l’absolue nécessité de trouver la sérénité intérieure, et de la préserver, notamment à l’aide de la méditation, des exercices de cohérence cardiaque et surtout d’un équilibre de vie qui réduise au maximum les sources de stress… » Puissions-nous tous entendre cette voix de sagesse d’un homme touchant qui a voulu aider ses semblables jusqu’au bout et dont le témoignage honnête nous montre cette voie incontournable de guérison: le repos et le calme. »

Jean-Jacques Crèvecoeur

Montréal

Le repos: partie 1

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Dans cet article, il explique ce qui se passe dans le corps pendant la phase de développement d’une maladie et le rôle fondamental du repos en phase de guérison.

Se reposer pour guérir vraiment!

(Article tiré du numéro 7 de Néosanté)

« Pendant mon enfance et mon adolescence, j’ai connu de nombreuses périodes de maladie. À chaque fois, le même rituel se mettait en place. Mes parents appelaient le médecin de famille qui se précipitait à mon chevet pour m’ausculter, m’examiner, prendre ma température, mesurer mon pouls, écouter le souffle de ma respiration, palper mes viscères… Presque toujours, la visite se terminait par une prescription (antibiotiques, sirops, médicaments) et par la même recommandation: « Surtout du repos, mon ami! »

À partir de là, je passais de longues heures à lire ou à dormir, en attendant que les remèdes salvateurs fassent leur effet. Je pensais, à cette époque, que seuls les médicaments pouvaient me venir en aide, et que la recommandation de rester couché ne trouvait son sens que pour leur donner le temps d’agir.

Quarante ans plus tard, je constate que de plus en plus de patients sont devenus… impatients! « Docteur, je suis malade. Guérissez-moi vite, et donnez-moi aussi quelque chose pour que je puisse retourner au travail aussitôt que possible. Je n’ai pas le temps d’être malade, moi » est une demande que beaucoup de médecins reçoivent dans leur cabinet aujourd’hui… C’est ainsi qu’aux remèdes prescrits vient s’ajouter souvent un supplément vitaminé, un remède pour stimuler, pour booster, pour « réénergiser » notre organisme le mieux et le plus vite possible… Même ceux qui se soignent par les approches naturelles tombent souvent dans ce piège de la performance. À l’expérience, je suis convaincu que cette tendance ne relève ni du progrès, ni du bon sens. Pire, elle constitue probablement une des attitudes les plus contraires aux besoins de notre corps.

Les mécanismes de l’homéostasie

Pour comprendre mon propos, retournons à la physiologie du corps. Depuis le début de cette rubrique, je vous parle de santé et de maladie en termes d’équilibre et de déséquilibre. Souvenez-vous, dans le numéro 1 de Néosanté, je vous proposais cette image de la maison comme représentation allégorique du corps. Lorsqu’il accumule ses poubelles, notre corps s’éloigne de l’équilibre, son stress intérieur augmente, et aucun symptôme n’est visible. Par contre, lorsqu’il se débarrasse de ses poubelles, son stress diminue et tous les symptômes morbides apparaissent: fièvre, éruptions, écoulements, etc.

En médecine chinoise, la phase où le corps s’éloigne de l’équilibre, accumule du stress et n’exprime aucun symptôme est nommée la phase froide de la maladie. Celle où le corps revient vers l’équilibre en lâchant le stress et en sortant ses poubelles est appelée la phase chaude de la maladie. Cette observation faite par les Chinois depuis plus de 2.500 ans, la physiologie moderne la redécouvre progressivement depuis un peu plus d’un siècle, sans pour autant en exploiter toutes les possibilités. Claude Bernard (1813-1878), le fondateur de la médecine expérimentale, avait défini l’homéostasie comme « la capacité d’un système à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures ». Mais les mécanismes impliqués étaient, à l’époque, très difficiles à déterminer. C’est en 1903 que John N. Langley (1852-1925) introduit la notion de système nerveux autonome pour décrire la composante du système nerveux en charge de notre homéostasie. Il le qualifie d’autonome simplement parce que cette partie du système échappe complètement à notre volonté consciente.

Sans entrer dans des détails qui dépasseraient de loin le cadre de cette rubrique, retenons que le système nerveux autonome se compose de deux sous-systèmes: le système sympathique (parfois appelé orthosympathique) et le système parasympathique (aussi appelé système vagal). Le système sympathique, c’est en quelque sorte la pédale d’accélérateur de notre corps; le système parasympathique, c’est la pédale de frein. En effet, pour assurer son équilibre et sa survie, le corps a besoin à certains moments d’accélérer certaines fonctions tandis qu’à d’autres moments, il a besoin de les freiner. Par contre, il existe une loi biologique d’alternance qui règle le ballet entre les deux pans: quand le système sympathique est activé, le système vagal est inhibé et inversement. Pas question donc, pour le corps, d’accélérer et de freiner en même temps.

Deux phases antagonistes et complémentaires au service de notre équilibre

Pour mieux comprendre, observons la nature. Si un animal est confronté à un prédateur ou à un danger extérieur, il doit être très performant pour assurer sa survie, soit en luttant, soit en fuyant. Pour ce faire, son système sympathique se charge de dilater ses artères coronaires et musculaires, d’accélérer ses battements cardiaques et de dilater ses bronches pour apporter aux muscles un maximum de puissance. Des hormones comme l’adrénaline et le cortisol créent un état de stress aigu nécessaire pour aider l’animal à faire face. Par ailleurs, toutes les fonctions non nécessaires à cette lutte pour la survie vont être bloquées temporairement, pour concentrer toute l’énergie disponible vers les organes impliqués dans la lutte et dans la fuite: sa digestion se ralentit, son tractus intestinal s’arrête, la surface de sa peau se refroidit… On comprend d’ailleurs mieux pourquoi les Chinois qualifient cette phase sympathicotonique de phase froide.

Autrement dit, tant que le danger n’est pas écarté, notre corps reste en surrégime. Tant que le « problème » n’est pas résolu, pas question de dormir, de s’alourdir en mangeant, de sortir nos poubelles ou de perdre de l’énergie en chauffant la périphérie du corps…

Par contre, une fois le danger écarté, une fois le problème résolu, le système nerveux autonome active immédiatement son autre composante, le système parasympathique. Dès cet instant, le cœur ralentit, les artères coronaires et musculaires se contractent et l’acétylcholine prend le relais de l’adrénaline et du cortisol. Pour retrouver complètement l’équilibre, les sécrétions du système digestif reprennent, le tractus intestinal se remet en route, et une sensation de chaleur intense se manifeste à la surface du corps. Cette phase parasympathicotonique correspond à ce que les Chinois appelaient la phase chaude. C’est à ce moment-là que se manifeste en nous le besoin de nous reposer, de récupérer, de dormir. Après le combat, il est nécessaire que le guerrier se repose.

La raison d’être de la fatigue et du repos

Dans ses travaux, le docteur Hamer a donné une place centrale à ces notions de sympathicotonie et de parasympathicotonie (qu’il nomme vagotonie, parce que c’est le nerf vague qui est impliqué dans la régulation végétative de cette phase). Pour lui, c’est à partir d’un choc brutal que tout notre corps se met en stress. C’est pendant cette phase que se développent silencieusement nos maladies, nos tumeurs, nos pathologies. Et à part le stress ressenti, la perte de sommeil et d’appétit, aucun signe ne peut nous alerter de l’éloignement de notre équilibre. Contrairement aux animaux, cette phase de sympathicotonie peut durer des semaines, des mois ou des années. Une fois que nous trouvons enfin une solution, notre corps bascule instantanément en phase de vagotonie, avec tout son cortège de symptômes tels que je les ai décrits plus haut.

Cette deuxième phase a pour objectif la récupération, la régénération, la réparation, le rééquilibrage. Pour atteindre cet objectif, une condition absolument nécessaire s’impose: se reposer. Sans aucun compromis. Faire ce que tous les animaux sauvages font lorsqu’ils ont combattu ou lorsqu’ils ont été blessés: se coucher dans une tanière ou dans un fourré, et attendre patiemment que les lésions se réparent. Si nous ne faisons pas cela, si nous voulons continuer à travailler, à créer, à faire du sport, à être en activité, sans le vouloir et sans le savoir, nous stimulons à nouveau le système sympathique. Et par conséquent, nous bloquons notre système parasympathique, empêchant par là même tout processus de guérison de s’accomplir…

Finalement, mon vieux médecin de famille avait bien raison à l’époque en me conseillant le repos! Saurons-nous nous inspirer de cette sagesse que les animaux sauvages n’ont pas perdue? Et comment mettre en œuvre les conditions favorables à ce repos régénérateur: c’est ce que nous verrons le mois prochain. »

Jean-Jacques Crèvecour

Montréal

L’ouverture des émonctoires

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Dans cet article, il parle de l’importance d’ouvrir les émonctoires, les organes qui prennent en charge l’élimination des résidus issus du métabolisme cellulaires et des toxines que l’on accumule à cause d’une mauvaise hygiène de vie.

Photo de JohnMason. Licence Creative Commons

L’ouverture des émonctoires: une hygiène vitale trop souvent ignorée…

(Article tiré du numéro 5 de Néosanté)

« Dans le numéro précédent de Néosanté, je vous parlais d’une des expériences alimentaires que j’avais menées dans ma quête de l’équilibre au niveau de ma santé, celle de l’instinctothérapie. Parmi les leçons que j’en avais tirées, je citais les conséquences d’une position extrémiste en matière de santé, l’importance de comprendre les symptômes observés dans une approche globale et les fascinantes interrelations qui existent entre le système digestif et le système nerveux… Ce que beaucoup d’entre vous ont retenu, ce sont ces diarrhées vécues pendant les trois premières semaines de cette expérimentation menée en 1985.

Par manque d’espace, j’ai passé sous silence un point capital, trop souvent ignoré par la plupart des thérapeutes pratiquant le décodage biologique ou les approches globales de la santé, y compris les médecins. Ce point concerne la nécessité d’ouvrir nos émonctoires avant d’aider le corps à passer en phase de rééquilibrage. Je m’explique…

Sortir les poubelles du corps, à condition d’ouvrir les portes

Dès le début de cette rubrique, je vous ai proposé cette image simple et concrète des poubelles que le corps a besoin d’évacuer régulièrement pour retrouver son équilibre perdu. Je l’ai déjà dit, cette notion de poubelles permet non seulement de mieux interpréter le sens des symptômes que nous observons lorsque nous sommes malades, mais d’identifier sans ambiguïté dans laquelle des deux phases du processus de guérison nous nous trouvons (éloignement de l’équilibre ou retour à l’équilibre). C’est devenu pour moi un réflexe permanent. Si le corps exprime quelque chose de visible (éruptions, écoulements), de chaud (fièvre, inflammation) et/ou de douloureux (migraines, douleurs fonctionnelles, organiques ou articulaires), je suis à coup sûr dans la phase numéro deux du processus, celle que le docteur Hamer nomme la phase de vagotonie, ou encore phase de réparation…

En énonçant cela, tout semble merveilleusement bien conçu dans la nature. Si le corps s’encrasse, s’il accumule des toxines, il « suffit » qu’il sorte ses poubelles. Tel était le sens de mes diarrhées provoquées par mon expérimentation en instinctothérapie! Sauf que… Sauf que, dans toute maison qui se respecte, pour sortir les poubelles, il faut d’abord ouvrir la porte. Sinon, le risque bien réel est d’encombrer et d’infester les couloirs et les chambres avec les déchets remis en circulation à l’intérieur. Au niveau du corps, le principe est le même: s’il doit se rééquilibrer, s’il doit évacuer toxines et déchets, ses portes doivent être préalablement bien ouvertes, sous peine de subir un empoisonnement, une intoxication ou des complications sévères pouvant aller parfois jusqu’à la mort. Ces portes, c’est ce qu’on appelle les émonctoires, ces voies d’élimination des déchets dont dispose notre organisme… D’après les naturopathes, le corps dispose de cinq émonctoires principaux: le foie, les intestins, les reins, la peau et les voies respiratoires.

Petit tour d’horizon des émonctoires

Le foie élimine les toxines et les déchets par la bile, les intestins par les substances fécales, les reins par l’urine, la peau par la sueur et le sébum et les voies respiratoires par le CO2 et les glaires. Le foie est sans conteste l’émonctoire le plus important, car non seulement il filtre et élimine les déchets, mais il est capable de neutraliser de nombreuses substances toxiques et cancérigènes. C’est la raison pour laquelle une immense majorité des gens traités en chimiothérapie finit par connaître des problèmes hépatiques. Lorsque le foie est submergé de produits chimiques, il va réagir en se mettant en surrégime et en développant une tumeur pour faire face à l’énormité de la tâche (je reviendrai au détail de ce mécanisme dans une rubrique ultérieure). C’est alors que les médecins déclarent que vous avez des métastases au foie, ignorant complètement que c’est leur traitement qui a déclenché ce nouveau cancer (et non la migration de cellules cancéreuses à travers le sang!). Parmi tous les cancéreux que j’ai rencontrés depuis 1988 (l’année de ma découverte de la Médecine Nouvelle de Hamer), j’ai observé que ceux qui refusaient catégoriquement la chimiothérapie comme traitement n’étaient jamais atteints de métastases du foie. Par contre, parmi ceux qui acceptaient la chimiothérapie, un diagnostic de métastases hépatiques apparaissait dans une proportion non négligeable. Ça devrait nous faire réfléchir, non?

En ce qui concerne les intestins, nul besoin d’être un grand médecin pour comprendre que les personnes dont le transit intestinal est ralenti ou bloqué jouissent d’un état de santé moins bon. Car la putréfaction et la fermentation qui s’y déroulent contribuent pour une grande part à des phénomènes d’auto-intoxication générateurs d’une multitude de troubles de santé. Quand on sait que les végétariens ont un transit trois fois plus rapide que les consommateurs de viandes, on comprend mieux pourquoi beaucoup de conseillers en alimentation recommandent une nourriture à base de végétaux et de fibres! Quant à l’importance de boire de l’eau (mais pas n’importe laquelle) pour être en santé, nul besoin d’en faire une grande démonstration…

En ce qui concerne la peau, je tiens à mentionner un fait bien connu des homéopathes. Lorsqu’un enfant manifeste un eczéma (ce qui est assez fréquent chez les enfants de moins de deux ans), on devrait y reconnaître le signe d’un processus de réparation, où le corps tente de sortir ses poubelles par un de ses émonctoires principaux. Au lieu de cela, les pédiatres recommandent souvent l’application de pommades corticoïdes dont ils savent très bien qu’elles ne guérissent pas l’eczéma, mais en diminuent les symptômes. En fait, l’action de la cortisone peut être comparée à l’application de planches clouées en travers de la porte de la maison, pour empêcher les poubelles de sortir. Comment le corps va-t-il réagir? En trouvant une autre porte de sortie, en l’occurrence les voies respiratoires. C’est ainsi que, très souvent, les éruptions cutanées traitées par la cortisone font place, deux à trois mois plus tard, à l’apparition de problèmes d’asthme persistants. Mais bien sûr, aucun pédiatre ne fait le lien entre la disparition de l’eczéma du bébé et l’apparition de son asthme… Pour l’homéopathe, le remplacement de l’eczéma par l’asthme signe une détérioration de l’état de santé de l’organisme puisque les symptômes respiratoires se manifestent à un endroit plus profond et plus central que les symptômes cutanés. Une fois encore, la logique du corps est implacable: ce qui est toxique doit trouver une porte de sortie, sans quoi son équilibre vital sera tôt ou tard mis en danger.

Ouvrir les émonctoires: une précaution absolument nécessaire

Revenons, à présent, à mon expérience des diarrhées déclenchées par mon expérience de l’instinctothérapie. Par quel miracle n’ai-je pas été empoisonné ou intoxiqué lorsque j’ai effectué ce changement brutal d’alimentation? Tout simplement parce qu’on nous avait alertés sur la nécessité absolue d’ouvrir nos émonctoires avant d’entamer le processus de nettoyage du corps. C’est la première fois que j’entendais parler d’émonctoires. Mais je n’ai jamais oublié cette notion fondamentale pour prendre soin de mon équilibre.

En instinctothérapie, la recommandation qui nous était faite était de mâcher chaque jour quelques graines de Cassia fistula (appelé également casse, faux séné, faux caroubier ou canéfier), cette plante médicinale originaire d’Asie du Sud et dont les effets sont bien connus depuis des millénaires en médecine ayurvédique. J’ai connu plusieurs pratiquants de l’instinctothérapie qui ont négligé cette précaution essentielle. Après quelques jours, certains se couvrirent d’eczéma tandis que d’autres connurent des problèmes respiratoires. Tous se plaignaient de maux de tête violents et de troubles de la vue. Quand on connaît la fonction des émonctoires, l’interprétation de tels symptômes devient très aisée, même sans aucune formation médicale.

Lorsqu’on cherche à se guérir par une approche naturelle d’une maladie grave comme le cancer, on imagine aisément l’importance et la quantité des poubelles qui devront être évacuées pour ramener le corps à l’équilibre. Malheureusement, la plupart des thérapeutes formés à la Médecine Nouvelle et au décodage biologique ignorent la nécessité d’ouvrir les émonctoires avant de déclencher la phase de réparation. Ce qui entraîne souvent des conséquences catastrophiques pour les malades. Le mois prochain, je vous indiquerai comment ouvrir les émonctoires en faisant le tour des différentes techniques que j’ai expérimentées personnellement. Un rendez-vous à ne pas manquer! »

Jean-Jacques Crèvecoeur

Montréal

Un potager subversif

Il y a beaucoup de raisons qui poussent de plus en plus de gens à cultiver son propre potager, dans le jardin ou sur le balcon, parfois même dans des vases que l’on dispose près des fenêtres.

Pour certaines personnes, cela aide à se relaxer; pour d’autres, c’est une façon de se rapprocher à la terre; cela est, bien sûr, le meilleur moyen pour s’assurer que les fruits et les légumes ne soient pas contaminés par des pesticides, des herbicides, des OGM; pour certains, cela est devenue une nécessité, car, cultiver ses fruits et légumes, permet d’économiser beaucoup d’argent.

Mais, est-ce que vous avez pensé que, cultiver un potager dans son propre jardin, peut être considéré comme un acte subversif?

Dan cette vidéo, Roger Doiron, fondateur de Kitchen Gardeners International, explique pourquoi, dans le système actuel de production d’aliments industrialisés, la croissance de fruits et légumes dans notre jardin ou balcon est devenu un acte subversif. En fait, cela signifie reprendre le pouvoir sur notre nourriture, un pouvoir que, jusqu’à présent, a été exercé par des sociétés multinationales qui contrôlent la plupart de la production alimentaire mondiale.

Bonne vision et… bonne réflexion!

A subversive plot: how to grow a revolution in your own backyard

Vidéo de Roger Doiron