Sortir de l’inhibition pour vivre libre et guérir…

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Dans cet article il nous explique comment on peut sortir de l’inhibition de nos comportements afin de retrouver la pleine liberté et de reprendre en mains la responsabilité de notre vie.

Baby pecore

 Sortir de l’inhibition pour vivre libre et guérir…

(Article tiré du numéro 19 de Néosanté)

« Dans le numéro précédent, je concluais ma chronique en écrivant: « Notre éducation nous apprend à nous soumettre sans rien dire, à ne choisir systématiquement que l’inhibition de l’action comme réaction, alors qu’il faudrait réagir plus activement pour prendre soin de nos besoins! » Vu comme cela, ça peut paraître choquant et exagéré d’affirmer une telle chose. En théorie, l’éducation n’a-t-elle pas pour objectif de faire grandir, d’affranchir, de favoriser l’autonomie? En théorie, oui. Mais dans la pratique, le système est organisé pour nous apprendre à nous soumettre. Dans la famille, à la garderie, à l’école, à l’église, dans la société civile, à l’armée, dans l’entreprise, à l’hôpital, nous avons appris à être le bébé sage, l’enfant obéissant, l’élève modèle, le croyant fidèle, le bon citoyen, le soldat discipliné, le collaborateur exemplaire, le patient soumis…

De la naissance à la mort, on nous pousse à traverser l’existence sans faire de vague ni de bruit. Rester dans la matrice, ne pas se rebeller, ne rien déranger, tel est le destin tout tracé qui semble se dessiner devant nous. Ce qui est paradoxal, c’est que nous finissons par trouver ça normal, parce que ça constitue la norme pour la majorité d’entre nous, à divers degrés. Et tout est organisé pour nous ramener dans le droit chemin si, d’aventure, nous envisagions de sortir des sentiers battus. Comme le disait Alice Miller, l’être humain n’est ni éduqué ni élevé (au sens propre du terme), il est dressé, purement et simplement, comme un animal. Les conséquences, nous l’avons vu dans les deux articles précédents, peuvent être dramatiques. Car cette pédagogie noire, ce dressage, ce conditionnement nous précipitent dans une situation d’incompétence à prendre soin de nos besoins, en inhibant les réactions naturelles que nous devrions avoir pour rester en vie. Chaque fois qu’un blocage survient, nous nous éloignons de la vie… Car le mouvement, c’est la vie. Et la vie ne peut se maintenir qu’à travers un mouvement permanent, un équilibre dynamique…

Sortir des inhibitions: une nécessité vitale!

Concrètement, comment cela peut-il se traduire dans notre vie quotidienne? Une nouvelle fois, réfléchissons à partir des histoires que je vous ai racontées depuis le numéro 9 de Néosanté. Au lieu de s’enfoncer tout seul dans son sentiment de dévalorisation, Charles aurait pu pleurer, crier, exprimer sa détresse à son entourage… Au lieu d’essayer de s’en sortir seule dans l’éducation de sa fille, Sylvie aurait pu demander de l’aide plus tôt pour ne pas sombrer dans le sentiment d’être une mauvaise mère… Quant à Annie, elle aurait pu exprimer sa colère à son beau-frère, insister pour allaiter sa nièce orpheline ou tout simplement, monter dans la chambre du bébé sans tenir compte de l’interdiction… Marie-Bernadette, cette jeune religieuse, n’était pas obligée de tuer le curé qui abusait d’elle. Mais elle aurait pu au moins le repousser ou le frapper. Elle aurait pu aussi aller trouver sa mère supérieure ou l’Évêque dont elle dépendait. Sylviane aurait pu faire un scandale en public, chaque fois qu’un homme lui tripotait la poitrine. Elle aurait pu le giffler, le repousser, l’engueuler, appeler ses parents… Enfin, Helena aurait pu se battre pour dire au revoir aux enfants dont elle s’était occupée comme une mère pendant des années. Et si ça n’avait pas été possible, elle aurait pu pleurer ouvertement le jour de la fête des mères, en parler à sa sœur ou à sa mère qui étaient présentes. Et Christian aurait pu se rendre immédiatement dans le bureau de son chef de service pour exiger des explications sur la raison de son déménagement. Il aurait pu taper du point sur la table, il aurait pu alerter le syndicat, ou tout simplement exprimer sa colère.

Si Charles, Sylvie, Annie, Marie-Bernadette, Sylviane, Helena et Christian n’avaient pas inhibé la réaction naturelle qu’ils auraient dû adopter pour revenir à l’équilibre, je suis certain que, jamais, la maladie ne les aurait touchés, parfois de façon fatale. Alors, quels enseignements pouvons-nous tirer de ces histoires? Quels grands principes d’hygiène de vie pouvons-nous identifier pour nous garantir un meilleur équilibre et une meilleure santé?

Réapprendre à vivre libre

Premier enseignement: cultiver l’infidélité en tout domaine. Car ce n’est pas tant ce que nous avons subi de la part de nos éducateurs, de nos enseignants, de nos maîtres spirituels, de nos leaders qui est toxique. C’est notre fidélité inconditionnelle à ce dressage que nous avons reçu qui l’est! Dans un de ses livres, Boris Cyrulnik montre avec une pertinence dérangeante que les enfants s’attachent à leurs bourreaux avec d’autant plus d’intensité qu’ils ont été maltraités par eux. Pourquoi? Fondamentalement, parce que nous tenons d’autant plus à notre identité (même s’il s’agit d’une identité de victime ou d’abusé) qu’elle a été gravée profondément en nous. Autrement dit, plus nous avons été marqué, plus nous nous identifions à ce marquage, plus nous sommes attaché à ceux qui nous ont « offert » notre identité! À l’âge adulte, cette fidélité malsaine peut prendre de multiples formes: soumission à toute forme d’autorité, psychorigidité, incapacité à prendre soin de soi, loyauté absolue à l’égard de la famille, de l’église, de la patrie… Un de mes amis médecins me confiait, il y a quelques années, que tous ses patients atteints de maladies graves avaient au moins une caractéristique en commun: aucun d’entre eux n’avait fait leur crise d’adolescence! Aucun d’entre eux n’avait réussi à dire m… à leurs parents! Dans les exemples ci-dessus, il est évident qu’Annie, Marie-Bernadette, Sylviane et Christian n’avaient jamais fait leur crise d’adolescence! Sinon, ils n’auraient pas réagi comme ça…

Deuxième enseignement: se donner la permission de poser des actes. Au cours de ma pratique de formateur d’adultes, je me suis rendu compte qu’une des choses qui nous manque le plus, c’est de reprendre le pouvoir sur notre propre vie. La majorité d’entre nous attendons que quelqu’un d’extérieur nous donne la permission d’agir, de parler, de bouger, de nous lever, de prendre des initiatives. Comme si nous étions encore à la maison ou à l’école, rongé par l’envie d’aller jouer ou d’aller faire pipi, mais attaché par des liens d’autant plus forts qu’ils étaient invisibles… Un des outils thérapeutiques les plus puissants que j’aie jamais enseigné est d’apprendre aux individus à se donner à eux-mêmes la permission de faire ce qu’ils sentent juste de faire, ce qu’ils sentent approprié de faire. Comme je le répète dans mon livre: prenez soin de vous, n’attendez pas que les autres le fassent! Devenons un père pour nous-même! Car c’est le père qui nous donne la mission (per-mission), la mission d’aller dans le monde pour apprendre à survivre par nous-même, en agissant, en fuyant, en luttant ou en nous immobilisant… Dans les sept exemples rappelés ci-dessus, on comprend qu’aucun des protagonistes ne s’est donné la permission de vivre ce qui aurait été bon pour eux: la permission de pleurer, de demander de l’aide, d’allaiter le bébé, de giffler le curé ou le tripoteur, de parler à la Mère supérieure ou aux parents, de rencontrer les enfants malgré l’interdiction de leur père, de demander des explications au chef de service. S’ils avaient fait cela, l’issue de la situation aurait été complètement différente.

Troisième enseignement: apprendre à vivre nos émotions. Je reconnais bien volontiers qu’il n’est pas toujours facile d’être infidèle aux normes morales et sociales qui nous ont été imposées. Il n’est pas toujours possible de se donner la permission d’agir de manière adaptée dans une situation donnée. Dans ce cas, il nous reste au moins une porte de salut, pour rester malgré tout dans la fluidité du mouvement: c’est de vivre pleinement nos émotions. J’aime rappeler que le mot « émotion » vient du latin ex-movere qui signifie « bouger hors de ». En anglais, c’est encore plus évident: motion veut dire le mouvement… Autrement dit, une émotion, c’est fait pour bouger hors de nous, c’est fait pour s’exprimer. Or, tout mouvement, même émotionnel, met en danger l’ordre établi. Que ce soit à la maison, à la garderie, à l’école, à l’église, à l’armée, dans l’entreprise ou à l’hôpital, nulle part, nos émotions ne sont bien accueillies. Très tôt, nous avons donc appris à bloquer l’expression naturelle de nos colères, de nos tristesses, de nos peurs, de nos déceptions, de nos dépressions. Avec pour conséquence que nous nous transformons en cocotte-minute jusqu’à ce que la pression interne devienne trop élevée et se transforme en maladie… C’est bien ce qui a manqué à nos sept témoins: d’accepter de se laisser traverser par le désespoir, le sentiment d’impuissance, la tristesse, la honte, la colère, l’envie de tuer, la culpabilité, la déception.

De cette analyse sommaire, il apparaît que sortir des inhibitions peut se faire à trois niveaux: au niveau de nos croyances (lâcher nos fidélités et loyautés inconditionnelles), de nos actions (se donner la permission d’agir) et de nos ressentis (accueillir et vivre nos émotions). C’est en accomplissant ce chemin initiatique que nous pourrons retrouver notre liberté, notre équilibre et notre santé. À vous de jouer, à présent! »

Jean-Jacques Crèvecœur

Montréal

Lorsque l’inhibition de nos comportements nous plonge dans la maladie ou la mort…

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Dans cet article, il nous montre à quel point l’éducation que l’on a reçue conditionne nos comportements et nous amène à nier ou à reprimer nos vrais besoins. Cela peut être à l’origine de nombreux déséquilibres dont beaucoup de personnes souffrent dans notre société.

Antilope_stock.xchngPhoto de doc. Licence Creative Commons

Lorsque l’inhibition de nos comportements nous plonge dans la maladie ou la mort…

(Article tiré du numéro 18 de Néosanté)

« Dans le dernier numéro, je vous avais promis de reprendre les exemples présentés dans les numéros précédents pour démontrer que notre éducation est bien à la source de beaucoup de nos maux! Plus précisément, j’avais mis en lumière deux éléments essentiels qui nous différencient des animaux sauvages.

Première différence: les stress de survie vécus par les animaux sauvages sont très souvent de courte durée. Et l’issue de ces moments paroxystiques est soit la mort (lorsque la stratégie de survie n’a pas été efficace ou adaptée), soit le retour à la normale. J’avais mentionné rapidement que cette sortie de stress s’accompagnait d’un phénomène physiologique très particulier: l’animal est secoué, pendant quelques secondes, par des spasmes qui traversent tout son corps. Comme si l’organisme avait besoin d’évacuer complètement tout le stress accumulé pendant les phases de fuite et/ou de lutte et/ou d’inhibition de l’action… Une façon, pour le corps, de sortir de manière extrêmement rapide les toxines liées à la production d’adrénaline et de cortisol. Nous les humains sommes également capables de mettre en œuvre des stratégies de fuite, de lutte et d’inhibition de l’action. Mais étant donné que nos rapports « civilisés » nous placent dans des postures où la survie physique est rarement mise en jeu, les situations stressantes que nous vivons peuvent s’étaler sur des heures, des jours ou des semaines, voire des mois ou des années.

Un animal qui lutte pour défendre son territoire devra le faire pendant quelques minutes ou quelques heures maximum. Un humain, par contre, peut être impliqué dans un conflit avec son voisin, dans une bataille avec un concurrent ou dans une guerre avec une nation étrangère pendant des mois ou des années… Un animal poursuivi par un prédateur devra fuir ou lutter pendant quelques secondes ou quelques minutes, jamais plus. Un humain, par contre, peut être traqué par un tueur, par la police ou par les services secrets pendant des années… Si la partie animale de notre physiologie est tout à fait capable d’encaisser des surstress intenses, elle n’est pas programmée pour les endurer pendant une longue période de temps. Avec pour conséquence un épuisement biologique ou psychologique qui peut mener l’individu au burn-out, à la maladie ou à la mort. L’autre différence, c’est que nous avons été tellement dressés à nous contrôler que, même lorsque nous sortons – enfin – du conflit, nous ne sommes pas capables d’évacuer les toxines et les stress accumulés: nous ne pleurons pas, nous ne bougeons pas physiquement, nous n’exprimons rien émotionnellement…

Seconde différence: Les animaux sauvages mettent en œuvre toute la palette des stratégies de survie, sans censure ni hésitation. Si la fuite est la stratégie la plus adaptée, c’est elle qui sera choisie. Idem pour la lutte et l’inhibition de l’action. Comme je le mentionnais le mois dernier, nous les humains avons appris à privilégier surtout l’inhibition de l’action, en réponse à cette pédagogie noire que nous avons subie pendant notre « dressage » éducatif. Nos parents et nos éducateurs nous ont conditionnés à nous soumettre à l’autorité, même lorsque nos besoins fondamentaux étaient frustrés, bafoués, non reconnus, ignorés. Là où les adultes auraient dû nous encourager à prendre la responsabilité de nos besoins, nous n’avons subi que des menaces (« Tu veux ma main sur la tronche?! Tais-toi! Ferme-la! »), des chantages affectifs (« Si tu continues à pleurer, je ne t’aimerai plus! Regarde dans quel état tu as mis ta pauvre mère! Fais ça pour me faire plaisir! »), des sarcasmes (« T’es vraiment pas beau quand tu te fâches! Oh, la mauviette qui pleure pour un rien! ») et des dénis (« Mais non, tu n’as pas mal! Il n’y a pas de quoi en faire un plat! L’incident est clos! »). Avec pour conséquence, un blocage de notre énergie vitale, un état de figement peu propice au maintien de notre équilibre homéostatique.

Perdre le mouvement fluide

Ce n’est pas la première fois que j’insiste sur ce point dans cette rubrique: le type d’équilibre dont notre organisme a besoin est de nature dynamique, et non statique. Autrement dit, l’équilibre garant de notre santé doit être fondé sur le mouvement, la fluidité, les échanges entrants et sortants, la souplesse. Et le docteur Hamer l’a très bien précisé dans sa première loi biologique: une maladie se déclenche lorsque nous vivons un choc brutal, d’une intensité dramatique, qui nous prend à contre-pied. Mais ces conditions ne sont pas suffisantes. Il faut qu’en plus, selon ses termes, ce choc soit vécu dans l’isolement…

Cette notion de « vécu dans l’isolement », j’ai eu beaucoup de mal, au début, à bien la saisir. Cela veut-il dire que nous étions seul lorsque le choc a été vécu? Non, bien sûr. Cela veut-il dire que nous étions seul dans les heures et les jours qui suivaient le choc, alors que nous étions en train de vivre le sur-stress? Non plus. J’ai connu beaucoup de personnes très bien entourées après un choc, réconfortées, soutenues, aidées, qui pourtant déclenchaient la maladie, malgré tout. Que veut dire Hamer, alors? « Vécu dans l’isolement » signifie, pour lui, que nous n’avons pas la possibilité ou la capacité d’évacuer l’impact émotionnel provoqué par l’événement déclencheur. C’est comme si l’émotion restait bloquée à l’intérieur de nous, isolée du reste du monde. Et nous pouvons parler abondamment de l’événement choquant, décrire tous les détails factuels liés à la circonstance traumatique, sans pour autant laisser sortir quoi que ce soit sur le plan émotionnel! Parler ne suffit donc pas à se libérer. Si la parole ne concerne que l’aspect rationnel, intellectuel, la charge énergétique bloquée continuera de miner notre fragile équilibre…

C’est ce qui distingue d’ailleurs la notion de trauma et de traumatisme. Si le premier terme désigne simplement l’événement déclencheur, le choc brutal, le second désigne l’impact énergétique, psychologique et émotionnel que cet événement a eu sur l’individu qui l’a subi! Tous les traumas ne se transforment donc pas en traumatismes! Pour que cette transformation ait lieu, il faut que nous tombions dans l’incapacité à « rester en mouvement » suite au trauma. Et quand je parle de mouvement, j’évoque tous les types de mouvement possible: mouvement physiologique (les fameux spasmes observables chez les animaux, mais aussi, chez les humains), mouvement physique (donner un coup de poing, un coup de pied, courir, etc.), mouvement émotionnel (pleurer, se mettre en colère, crier, etc.), mouvement relationnel (engueuler, prendre ses distances, rétorquer, répliquer, faire respecter nos besoins, etc.), mouvement intellectuel (se remettre en question, accorder moins d’importance, recadrer la situation, etc.) ou mouvement spirituel (lâcher prise, s’abandonner, remercier, transmuter, etc.).

Blocages, quand vous nous tenez!

Rester dans le mouvement. C’est ce que les personnes dont j’ai parlé dans les derniers numéros ont été incapables de faire… Souvenez-vous de Charles et son cancer des os, emprisonné dans son corset, incapable de sortir de son sentiment de dévalorisation (Néosanté n° 9)… Rappelez-vous de l’histoire de Sylvie, cette jeune veuve se sentant complètement dépassée dans l’éducation de sa fille Morgane. Elle était bloquée dans son sentiment d’être une mauvaise mère à un point tel qu’elle en a fait un cancer du sein gauche (Néosanté n° 11). Quant à Annie, cette malheureuse femme qui s’est retrouvée figée dans le hall de la maternité, lorsque la belle-mère et le mari de sa sœur morte en couches lui ont interdit violemment d’allaiter le nouveau-né… Elle aussi a démarré un cancer du sein (Néosanté n° 12). À chaque fois, la même structure d’histoire se répète: la personne se retrouve bouche bée, paralysée, figée, bloquée… Souvent, elle a l’impression qu’elle ne peut se confier à personne, comme Marie-Bernadette, cette jeune religieuse abusée chaque semaine par le curé (Néosanté n° 13) ou Sylviane, cette jeune fille tripotée par différentes personnes (Néosanté n° 14) et qui ont développé toutes les deux la sclérose en plaques. Toutes les deux avaient le sentiment de ne pouvoir compter sur personne, impuissantes, abandonnées à elles-mêmes. Enfin, vous vous souviendrez qu’Helena a accepté sans protester de ne pas dire au revoir aux enfants dont elle s’était occupée comme une mère pendant des années, au moment de sa rupture conjugale. Elle a développé un cancer du col de l’utérus lors de la fête des mères suivante (Néosanté n° 15), tandis que Christian a accepté sans protester et sans demander d’explications le déménagement forcé de son bureau, avec pour conséquence le développement fulgurant d’un cancer mortel de l’œsophage (Néosanté n° 16).

Ma chronique du mois dernier avait pour titre: « Notre éducation serait-elle la cause de tous nos maux? » Commencez-vous à comprendre où je voulais en venir? Notre éducation nous apprend à nous soumettre sans rien dire, à ne choisir systématiquement que l’inhibition de l’action comme réaction, alors qu’il faudrait crier, hurler, frapper, demander de l’aide, protester, faire valoir ses droits. Si nous faisons cela, nous nous mettons en grand danger! Alors, me direz-vous, que faire pour éviter l’issue fatale si l’on a été dressé dans notre petite enfance? La réponse vous sera offerte le mois prochain, pour clôturer cette réflexion! »

Jean-Jacques Crèvecœur

Montréal

Sortir du carcan de la sclérose en plaques…

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Dans cet article, il parle de l’expérience d’une jeune femme atteinte de sclérose en plaque (SEP) et de son chemin vers la guérison.

Sassi lago Léman

Sortir du carcan de la sclérose en plaques…

(Article tiré du numéro 14 de Néosanté)

Le mois dernier, je vous proposais une compréhension plus approfondie du sens biologique de la sclérose en plaques (SEP) en me fondant sur l’énoncé de la cinquième loi de la Médecine Nouvelle de Hamer, loi qu’il appelle lui-même « la loi de quintessence ». Cette loi affirme que « toute maladie est un programme biologique bien-fondé de la nature pour assurer la survie en situation d’urgence ». Nous avions vu qu’en général, une sclérose en plaques pouvait se résumer par cet ensemble de phrases:

  • Je ne vis pas vraiment la vie que je voudrais (ou que je devrais) vivre;
  • Si malgré tout, je ne sors pas de cette situation, c’est parce que le seul moyen que j’envisage pour en sortir me ferait tomber encore plus bas dans une situation pire encore;
  • Entre deux maux, j’ai choisi le moindre (la situation que je vis présentement);
  • Ma paralysie liée à la SEP m’apporte la meilleure solution bien-fondée pour chacun de ces maux: d’une part, ce n’est pas de ma faute si je ne sors pas de cette vie qui ne me convient pas (puisque j’en suis incapable physiquement) – d’autre part, en étant paralysé, je suis certain À VIE de ne pas poser le geste qui me ferait tomber encore plus bas dans la déchéance.

Un an après avoir reçu les confidences de sœur Marie-Bernadette sur le sens de sa SEP, je suis au Québec et j’anime mon atelier thérapeutique « Les sentiers de la guérison ». Nous sommes en mars 2004 et je mets la dernière main à la rédaction de mon livre « Prenez soin de vous, n’attendez pas que les autres le fassent! » Parmi les soixante participants à mon atelier, deux femmes se présentent à moi, toutes les deux atteintes de la SEP: Josette et Sylviane. Sylviane est diagnostiquée depuis neuf ans déjà et marche avec beaucoup de difficulté. Josette, quant à elle, marche avec une canne et recourt à une chaise roulante pour des déplacements plus longs. Elle, ça fait douze ans qu’elle est diagnostiquée. À la fin de mon atelier, toutes les deux présentent des signes incontestables de guérison de leur paralysie. Sylviane dansait le rock & roll sur une musique de Roch Voisine à la clôture de ces quatre jours intenses en émotions et en expériences… C’est après le séminaire que j’ai revu Sylviane pour essayé de comprendre pourquoi et comment elle s’était guérie (à mon insu) de sa SEP…

La genèse de la maladie: surtout ne pas créer de scandale!

À l’âge de six ans, Sylviane joue innocemment avec son grand frère, de cinq ans plus âgé. Régulièrement, ils s’amusent tous les deux dans le salon à se pincer, à se chatouiller. Jusqu’à ce que leurs jeux prennent une connotation étrange. De plus en plus souvent, son frère se couche sur elle, derrière le sofa du salon. Pour l’empêcher de se débattre, il bloque les bras de sa petite sœur sous lui, tout en lui caressant sa poitrine de petite fille. Pour l’empêcher de crier, il lui applique fermement la main sur la bouche et essaie de l’embrasser. C’est ainsi que pendant plus d’un an, elle subit le harcèlement de son grand frère dans une posture d’impuissance totale, doublée d’une culpabilité confuse qu’elle ne comprend pas…

À douze ans, les parents de Sylviane l’emmènent pour la première fois au bal du village, le jour de la Saint-Jean-Baptiste (fête nationale du Québec). La jeune fille est fière de porter sa nouvelle robe à fleurs qui lui va à merveille. Un vieux monsieur, ami de la famille, l’invite à danser avec lui. Ses parents l’encouragent à accepter. Très vite, la séquence de danse devient un calvaire. Son cavalier la serre fortement contre lui et bloque son bras droit, profitant de l’écran qu’offre le membre de la jeune fille pour tripoter sa poitrine naissante. Sylviane regarde désespérément en direction de ses parents, espérant qu’ils s’aperçoivent du manège du vieux dégueulasse pour qu’ils interviennent. Au lieu de cela, ils répondent à ses regards désespérés par de grands sourires et de grands signes de la main, visiblement très fiers que leur fille entre dans le monde des adultes aussi aisément…

À vingt ans, une autre situation d’abus se manifeste dans la vie de Sylviane. Cette fois, c’est un vieux professeur de piano qui s’intéresse davantage aux seins de la jeune femme qu’à sa maîtrise du clavier bien tempéré! Pendant un an, ses cours de piano se transforment en séance de pelotage de poitrine et de baisers volés sur la bouche. Une fois de plus, elle subit, sans rien dire, paralysée… Pour ne pas nuire à la réputation de son professeur qu’elle adore, par ailleurs.

Mariée à l’âge de vingt-et-un ans, elle vit une relation très insatisfaisante avec son mari. Aucun dialogue, très peu de tendresse et d’attention, une sexualité génitale totalement frustrante. Pendant des années, elle rêve de prendre un amant pour sortir de cette routine désespérante. Mais elle n’ose pas, de peur de choquer sa famille, de peur surtout de tomber très bas dans l’estime de ses parents. À trente-deux ans, alors qu’elle vient d’accoucher de leur unique fille, elle reçoit le diagnostic d’une SEP. À partir de ce moment, sa maladie « arrange » tout. D’une part, sa paralysie progressive l’empêche d’envisager sérieusement une relation extra-conjugale, ce qui lui évite de tomber dans l’estime de tous à son égard. D’autre part, elle légitime le statu quo conjugal dans lequel elle s’est enfermée. Si elle ne vit pas la vie qu’elle voudrait vivre, ce n’est plus de sa responsabilité: c’est de la faute de sa maladie!

Une valse – guérison à trois temps

Je ne m’attarderai pas davantage au décodage de sa maladie. En effet, nous retrouvons dans son histoire tous les ingrédients que j’ai rappelés en début de cet article. Ce qui est intéressant, par contre, c’est d’examiner les conditions qui lui ont permis de guérir complètement de sa maladie à l’âge de quarante-et-un ans, lors de sa participation à mon atelier thérapeutique en 2004 (en 2012, sa guérison est toujours confirmée).

Le premier temps de sa guérison s’est déroulé avant mon atelier. Pendant deux ans, elle a accompli un travail d’anamnèse des différents chocs vécus, à six, douze, vingt et trente-deux ans. Cette phase du processus lui a permis de prendre conscience de l’origine probable de sa SEP, d’établir des liens d’analogie entre les différents événements. Si cette étape est souvent indispensable, elle est malheureusement très souvent insuffisante. Contrairement à ce que proclament encore beaucoup de thérapeutes, prendre conscience ne suffit pas pour guérir! Il faut poser des actes!

C’est là qu’intervient le deuxième temps de sa guérison, pendant mon atelier. Le fait que Sylviane soit invitée à danser pendant tout mon atelier (un exercice que je répète sept fois et au cours duquel chacun danse seul, les yeux bandés, pour retrouver la fluidité de l’énergie dans son corps), ça lui prouve que la paralysie n’est pas une fatalité irréversible. Et lorsqu’elle accomplit l’exercice d’alchimie émotionnelle (celui dont je dis qu’il m’a sauvé la vie en 1997), elle ressent, juste après, une énorme libération énergétique qui se manifeste sous forme de chaleur intense et de fourmillements dans les membres. Le plus frappant, c’est que pendant les deux heures qui suivent cet exercice de transmutation, Sylviane est prise de spasmes violents. Ses bras se mettent à bouger de manière incontrôlable et irrépressible, sa tête part violemment en arrière et des spasmes respiratoires impressionnants reviennent à un rythme régulier. Comme si elle est atteinte, temporairement, de la maladie de Parkinson. Pour moi, il est évident qu’elle est entrée en phase de réparation: ce qui avait été bloqué (ses bras, sa tête et sa bouche) devait, à présent, retrouver sa mobilité. Et le corps sait exactement ce qu’il a à faire! Aucune intervention n’est plus nécessaire à ce stade du processus.

Le troisième temps de sa guérison est celui qui lui a permis d’ancrer sa guérison dans le long terme. Ça se passe à la sortie du séminaire. Car souvenons-nous qu’un séminaire, ce ne sera jamais la vie réelle. Or les actes posés, pour qu’ils soient porteurs de guérison, doivent l’être dans le contexte réel de notre existence! Le lendemain du séminaire, Sylviane appelle un homme qui lui fait des avances depuis un certain temps et qui l’intéresse. Elle lui demande de la rencontrer. Lors de leur rencontre, elle lui demande de lui caresser les seins et de l’embrasser. En faisant cela, elle prend la responsabilité, pour la première fois de sa vie, de demander à un homme de s’occuper de sa poitrine et de sa bouche, plutôt que de se le voir imposer en subissant la situation. Cette expérience pour le moins inhabituelle est le plus bel acte de guérison qu’elle puisse trouver pour sortir de son inhibition. Ensuite, elle raconte tout à son mari et lui exprime qu’elle ne veut plus de cette vie conjugale de merde.

Comme elle me l’écrit dans son témoignage très touchant: « Je lui ai tout avoué car j’avais besoin de lâcher tout contrôle sur sa vie (et sur la mienne aussi) et mourir ainsi à beaucoup de ce qui avait été mon existence à ce jour. Mourir pour mieux revivre et rebâtir. J’ai tout balancé en l’espace de quelques minutes pour me lancer dans le vide, vers la mort (…). J’ai fait le pas vers l’acceptation de ma grande peur de la rupture et de perdre la relation. Je n’avais donc plus rien à perdre et je pouvais (je peux maintenant) continuer d’avancer sans être figée par cette peur. »

Jean-Jacques Crèvecœur

Montréal

La sclérose en plaques pour échapper aux flammes de l’enfer…

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Dans cet article, il parle du sens de la maladie et, plus particulièrement, de la sclérose en plaques, une maladie neurodégénérative auto-immune de plus en plus répandue.

Photo de suzz86. Licence Creative Commons

La sclérose en plaques pour échapper aux flammes de l’enfer…

(Article tiré du numéro 13 de Néosanté)

« Lorsque j’ai pris connaissance des travaux du docteur Hamer, en 1988, c’est grâce à un petit fascicule aujourd’hui épuisé qui s’intitulait: « Genèse du cancer ». C’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers des personnes atteintes de cancers pour vérifier la validité des cinq lois biologiques énoncées par Hamer. Nous savons malgré tout qu’il s’est très vite rendu compte que ses lois biologiques s’appliquaient à toutes les pathologies, et pas seulement aux cancers. Quand on y pense, c’est assez logique. Le corps formant un tout indissociable, il ne peut être régi par des principes ou des lois différentes, même si les manifestations pathologiques peuvent présenter des visages en apparence très différents.

Je reconnais néanmoins que, pendant très longtemps, je ne me suis intéressé qu’aux cancers qui me semblaient plus faciles et plus logiques à comprendre. À partir du moment où j’ai commencé à donner des conférences sur la Médecine Nouvelle de Hamer, de nombreuses personnes se sont adressées à moi pour me partager les liens qu’elles faisaient à propos de leur maladie, après m’avoir entendu. Et même si elles savaient que je n’étais ni médecin, ni thérapeute, il était important pour elles d’avoir enfin une oreille attentive capable d’accueillir leur témoignage. Pour la première fois, en effet, quelqu’un pouvait entendre le sens qu’elles donnaient à leur maladie sans se faire traiter d’affabulatrices!

Hamer, Laborit, Maslow et le sens des maladies

La première fois qu’une personne m’a parlé de sa compréhension personnelle de la sclérose en plaques, c’était à Namur, en Belgique. Nous sommes à ce moment-là en 2003, lors d’une conférence donnée dans un grand auditoire des Facultés Universitaires plein à craquer. Auditoire dans lequel j’avais usé mes fonds de culottes comme étudiant en physique, vingt-quatre ans plus tôt. La conférence que je donne ce soir-là est fondée sur ma compréhension personnelle des travaux de Hamer. J’y teste, en les présentant, les hypothèses que je m’apprête à consigner dans mon nouveau livre, qui sortira en juin de l’année suivante: « Prenez soin de vous, n’attendez pas que les autres le fassent ».

Dans cette conférence, j’établis des ponts entre la Médecine Nouvelle de Hamer, les travaux d’Henri Laborit et les théories d’Abraham Maslow. Je propose comme hypothèse que tout événement (E) va influencer l’équilibre de nos besoins (B) dans un sens ou dans un autre. Si les besoins en jeu sont davantage déséquilibrés, une sensation physique ou émotionnelle (S) va se manifester de manière désagréable. Si, par contre, les besoins reviennent à l’équilibre, la sensation sera agréable. Et j’explique que le caractère désagréable de ce que nous éprouvons (physiquement ou émotionnellement) constitue non seulement un indicateur de l’état d’insatisfaction de nos besoins, mais surtout un moteur qui nous pousse à réagir (R) pour prendre soin de nos besoins. J’ai résumé ma vision par une équation qui est devenue le fil conducteur de mon livre et de ma démarche:

E ——> B ——> S ——> R ——> B

Ainsi, lorsqu’un événement choquant vient nous déséquilibrer brutalement, il arrive que nous nous mettions en inhibition d’action (pour reprendre les termes de Laborit), ce que Hamer appelait vivre un choc dans l’isolement. Dans cet état de blocage et d’inhibition, nous nous interdisons de réagir, de poser un acte qui serait pourtant tout à fait nécessaire pour retrouver l’équilibre de nos besoins. C’est alors que le processus de maladie s’installe dans sa première phase, à savoir la phase de sur-stress (appelée sympathicotonie par Hamer).

La sclérose en plaques: quand l’interdit de tuer devient plus fort!

Revenons à la sclérose en plaques. C’est la première fois que je présente mon modèle personnel en conférence. Et l’accueil est enthousiaste, tant de la part des thérapeutes professionnels que du public. Lors de la pause qui s’éternise, de nombreuses personnes font la queue pour me parler. Vient à moi une petite dame timide, toute fluette. À première vue, elle doit bien avoir soixante ans passés. Elle me demande si j’accepte de l’écouter dans un coin retiré, à l’abri des oreilles indiscrètes. J’accepte. Elle me dit d’entrée de jeu: « Je viens de comprendre pourquoi je souffre depuis si longtemps de la sclérose en plaques. Ça vous intéresse d’entendre mon histoire? »

Malgré la pression du temps, j’accepte de l’écouter. C’est la première fois que quelqu’un vient me parler de SEP. Et je veux apprendre d’elle. Marie-Bernadette me résume son histoire. Religieuse entrée dans la religion à dix-huit ans, elle se retrouve cloîtrée dans un couvent sans aucun contact avec le monde extérieur. Et sans contact avec aucun homme. Aucun homme sauf le curé de la paroisse, le seul « mâle » autorisé à franchir la clôture une fois par semaine pour entendre les confessions des bonnes sœurs. Marie-Bernadette est jeune, innocente et très jolie à l’époque. Le curé est jeune, lui aussi. Et comme beaucoup de prêtres, il est aux prises avec le démon d’une énergie sexuelle difficile à canaliser. Très vite, les séances de confession prennent des allures de harcèlement sexuel et d’abus. Chaque semaine, Marie-Bernadette appréhende ces moments où elle devra offrir son corps à un prêtre trop zélé dans l’accomplissement de son sacerdoce.

Entre la honte, la culpabilité et le dégoût, la jeune religieuse n’a personne à qui se confier. Elle n’ose même pas en parler à sa mère supérieure, de peur d’être accusée d’avoir aguiché le saint homme qui se dévoue, corps et âme, au service de Dieu. De peur aussi d’être exclue du couvent, alors qu’elle éprouve une véritable vocation pour la vie religieuse. C’est alors qu’un combat titanesque prend naissance en elle. « D’une part, me dit-elle, je voulais lui planter un couteau dans le cœur pour mettre fin à ce que je subissais! D’autre part, j’étais horrifiée à l’idée de tuer un homme, pire, de tuer le représentant de Dieu sur Terre! Moi qui voulais consacrer ma vie à Dieu, j’étais aux prises chaque semaine avec le désir de tuer et avec la honte de m’adonner au plaisir de la chair! Quoi que je fasse, j’étais de toute façon condamnée au péché mortel et aux feux de l’enfer. Mais je préférais encore subir ces viols hebdomadaires que de tomber dans la déchéance totale d’une criminelle! »

C’est alors qu’elle me déclare: « Je viens de comprendre pourquoi je ne suis atteinte de la sclérose en plaques qu’à un seul endroit de mon corps: mes deux bras! En développant cette paralysie aux bras, je ne pouvais plus mettre à exécution mon désir de meurtre. En vous écoutant, j’ai compris que la meilleure façon pour moi de ne pas tomber dans une déchéance pire que celle du péché de la chair, c’était de devenir physiquement incapable de lui planter un couteau dans le cœur! »

Le décodage biologique de la sclérose en plaques

Dans son interview parue dans le numéro 9 de Néosanté, le docteur Olivier Soulier confiait qu’à l’écoute de tous les patients qu’il avait rencontrés, il avait pu dégager un invariant caractéristique de la SEP. Cet invariant pourrait se résumer par la phrase: « Je ne vis pas vraiment la vie que je voudrais (ou devrais) vivre! » Dans plusieurs ouvrages de décodage biologique, on peut lire par ailleurs que la SEP est en relation avec « la peur d’une chute dans la verticalité (peur de tomber), dans un climat d’impuissance et de dévalorisation ». L’histoire de Marie-Bernadette en est une illustration éclatante. D’une part, en vivant une relation sexuelle suivie avec le curé de la paroisse, et en étant tourmentée en permanence par des désirs de meurtre, on ne peut pas vraiment dire qu’elle vivait la vie qu’elle aurait voulu vivre… En cela, l’hypothèse d’Olivier Soulier se trouve tout à fait confirmée. D’autre part, de toutes les peurs que vivait Marie-Bernadette, sa plus grande frayeur était de tomber encore plus bas que la déchéance d’une débauchée sexuelle, en devenant une criminelle d’un homme d’Église. À ses yeux, il n’y avait pas pire déchéance que cela. Et nous comprenons bien que, dans ce contexte, elle se sentait complètement impuissante et dévalorisée.

Outre ces confirmations, j’aimerais apporter ma modeste contribution à la compréhension de cette maladie. Dans sa cinquième loi biologique, Hamer affirme que « toute maladie est un programme biologique bien-fondé de la nature pour assurer la survie en situation d’urgence ». C’est Marie-Bernadette qui m’a livré elle-même la clé du sens bénéfique de sa pathologie. En développant sa paralysie aux bras, elle se garantissait À VIE de ne pas tomber encore plus bas dans la déchéance, par rapport à cette vie qui ne correspondait déjà pas à ce qu’elle voulait vivre. Si l’hypothèse d’Olivier Soulier est pertinente, je propose malgré tout d’aller plus loin dans la compréhension des choses. La phrase-clé de la SEP deviendrait alors: « Entre deux maux, j’ai choisi le moindre pour ne pas tomber encore plus bas. Et ma paralysie m’offre pour chaque mal un avantage extraordinaire. Concernant le moindre mal que je subis (l’abus sexuel), j’échappe à la culpabilité de ne pas m’en sortir, puisque j’ai perdu ma capacité physique de bouger pour m’en sortir. Concernant le pire mal (le meurtre d’un homme d’Église), j’échappe définitivement au risque de le commettre parce que j’en suis physiquement incapable! » Le mois prochain, nous verrons un autre cas de sclérose en plaques qui viendra appuyer davantage cette hypothèse… Mais cette fois, l’histoire se terminera par une guérison complète! »

Jean-Jacques Crèvecœur

Montréal

Un cancer du sein riche en enseignements

Jean-Jacques Crèvecoeur est un scientifique pluridisciplinaire qui, entre autres, tient une rubrique très intéressante sur la revue Néosanté. Il invite ses lecteurs et lectrices à diffuser gratuitement certaines de ses publications.

Cet article décrit l’histoire extraordinaire d’une femme atteinte d’un cancer du sein et de sa guérison spontanée. Si elle avait suivi les mesures proposées par la médecine allopathique on lui aurait probablement enlevé son sein.

« Les médias dominants nous font peur de manière permanente en insistant sur le fait qu’une femme sur trois sera touchée par un cancer du sein avant l’âge de soixante ans. Malgré les centaines de milliards investis depuis cinquante ans, la recherche en cancérologie fait du sur-place. Pourtant, des guérisons spontanées de cancer existent, en nombre beaucoup plus important que vous ne l’imaginez. Lisez cet article, et partagez-le! Le cancer du sein n’est ni une fatalité, ni une condamnation à mort. » Jean-Jacques Crèvecoeur

Photo de SailorJohn. Licence Creative Commons

Un cancer du sein riche en enseignements

(Article tiré du numéro 11 de Néosanté)

« Depuis deux mois, j’ai entrepris de vous partager pourquoi et comment j’avais décidé de vérifier la validité des travaux du docteur Ryke Geerd Hamer depuis que j’avais eu connaissance de ses travaux en 1988. Scientifique de formation, spécialisé dans le domaine de l’épistémologie des sciences, je ne suis pas du style à croire naïvement tout ce qu’on me dit, tout simplement parce que la thèse présentée paraît séduisante ou alternative. Dans le monde des thérapies parallèles, j’ai entendu tellement d’âneries déguisées en explications pseudo-scientifiques que j’ai appris à ne pas m’emballer lorsque je découvre une nouvelle approche de la santé. C’est donc en confrontant les théories de Hamer à des faits, à des observations, à des témoignages de première main que je me suis fait, petit à petit, une opinion précise de son travail. Sachant que toute conclusion est forcément provisoire, jusqu’à preuve du contraire…

Quand éduquer son enfant devient un calvaire

Début novembre 1998. À l’époque, je vis dans un petit village de l’Est du Brabant Wallon, en Belgique. Grâce à l’école du village, j’ai fait la connaissance de parents d’enfants qui fréquentent les mêmes classes que mes trois filles. Avec certains d’entre eux, des affinités se sont créées et je bavarde volontiers avec l’un ou l’autre à la sortie des cours. Nous nous rendons aussi des services mutuels, lorsque l’un d’entre nous n’est pas disponible pour assumer ses obligations parentales. C’est ainsi qu’une amitié est née avec Sylvie, femme courageuse et dynamique de quarante-trois ans, durement éprouvée par le décès de son mari, deux ans auparavant, suite à un cancer du foie. Sa fille Morgane était dans la classe de ma plus jeune fille lorsque le drame est arrivé.

Un soir, Sylvie vient sonner à ma porte. Elle est effondrée. Sa vie de mère monoparentale est devenue un véritable enfer. De plus, elle ressent depuis quelques mois une grosseur suspecte au sein gauche. « Jean-Jacques, me dit-elle, je suis extrêmement inquiète. J’ai vraiment l’impression d’être une très mauvaise mère pour Morgane. J’ai besoin de ton aide et de tes conseils… » Et elle me raconte qu’elle a perdu le contrôle sur les réactions de sa fille. Étant veuve et seule avec sa fille de six ans, elle se voit dans l’obligation de jouer à la fois le rôle de mère et le rôle de père. Mais chaque fois qu’elle dit NON à sa fille, chaque fois qu’elle lui pose une limite, Morgane fait des crises d’une intensité inouïe, tapant des pieds avec force, hurlant avec violence et se frappant la tête contre les murs. À un point tel qu’à plusieurs reprises, elle en a perdu connaissance. Quand je lui demande comment elle vit cette situation, elle me répond: « Je suis désespérée et inquiète pour ma fille. Déjà qu’elle manque de père depuis la mort de mon mari, mais en plus, je suis vraiment une très mauvaise mère. Je crains donc que mon enfant manque de tout ce dont elle a besoin… » me répond-elle.

À travers ses phrases, je comprends tout de suite l’origine de la grosseur dans son sein gauche. Comme le décrit Hamer, lorsque la femelle mammifère craint que son petit manque de nourriture, elle va multiplier le nombre des glandes mammaires et en modifier les performances, les rendant capables de produire un lait infiniment plus riche que le lait maternel ordinaire. Cette réaction naturelle du corps est caractérisée par la médecine officielle de cancer du sein. Pour Hamer, comme il l’énonce dans sa cinquième loi, il s’agit d’un « programme bien-fondé de la nature pour assurer la survie en situation d’urgence. » C’est bien ce que vit Sylvie: elle est convaincue que son jeune enfant est en train de manquer de tout (à la fois d’un père vivant et d’une bonne mère), il faut donc qu’elle compense en urgence ce manque essentiel et vital en développant, grâce à son cancer glandulaire du sein gauche, une capacité à sur-nourrir sa fille…

Comme Sylvie est davantage préoccupée par les problèmes comportementaux de sa fille, je n’insiste pas sur sa grosseur au sein et je choisis de me centrer sur le véritable problème (comment éduquer son enfant adéquatement) plutôt que sur la conséquence de ce problème (la tumeur cancéreuse). Comme le disait Hippocrate, lorsque tu soignes une maladie, ne cherche pas seulement la cause, mais la cause de la cause. Je donne donc à Sylvie des conseils très précis, de manière très directive. Pendant deux heures, je résume à Sylvie ce que j’enseigne dans les formations de parents que je dispense depuis plusieurs années. Et je termine en lui disant: « Si tu appliques mes conseils à la lettre, tu verras, ta fille retrouvera son équilibre et vous connaîtrez à nouveau l’harmonie. » En lui disant cela, je suis convaincu de la réussite de ma stratégie, car elle se base sur mes propres expériences à la fois personnelles et professionnelles.

Quelques semaines plus tard, Sylvie interpelle ma femme pour lui confirmer que mes conseils ont superbement bien fonctionné. Sa fille ne fait plus aucune crise, l’harmonie s’est réinstallée entre elles et elle se sent à nouveau comme une bonne mère…

Une guérison spontanée aux allures inquiétantes

Mars 1999. C’est la première fois que je revois Sylvie depuis notre rencontre de l’automne précédent. Nous nous croisons « par hasard » dans l’agence bancaire du village. Sylvie manifeste une grande agitation. Elle vient de retirer de l’argent de son compte pour filer à l’hôpital en urgence: elle m’annonce en panique qu’elle doit se faire enlever le sein gauche au complet pour cause de cancer! Je me souviens alors de sa grosseur au sein gauche que j’avais choisi de ne pas évoquer avec elle. Me rappelant ce qu’elle avait dit à ma femme également, je pensais sincèrement que tout était rentré dans l’ordre. L’accalmie avec sa fille aurait-elle été de courte durée? Sa grosseur au sein avait-elle une autre origine? Tout à coup, je suis pris d’un doute. Je lui demande alors de me préciser le diagnostic médical qui lui a été présenté. Elle me répond qu’elle a consulté quelques semaines auparavant et qu’on lui a découvert des microcalcifications, raison pour laquelle elle doit subir en urgence une ablation complète du sein…

Je sursaute en entendant cela. Puis je lui dis: « Mais c’est une excellente nouvelle que tu aies des microcalcifications! Allons plutôt nous chercher une bouteille de champagne qu’on fête ensemble ta guérison. » Elle me regarde abasourdie. De mon côté, je ne lui laisse pas le temps de réfléchir et je l’emmène illico dans mon bureau. Je sors un des livres de Hamer et je lui montre le passage qui décrit les microcalcifications comme le résultat de la désagrégation d’une tumeur glandulaire au sein. Je lui explique que pendant l’automne, elle a probablement démarré une tumeur cancéreuse qui s’est guérie d’elle-même depuis qu’elle ne s’inquiète plus pour sa fille. Et j’ajoute: « Ces microcalcifications en sont la preuve formelle. Ce que tu as dans ton sein, c’est tout simplement comme du lait caillé. »

Finalement, Sylvie s’est quand même rendue à l’hôpital, mais a postposé l’opération jusqu’à plus ample information. Elle a exigé de son oncologue qu’il lui fasse une biopsie pour mettre en culture les cellules prélevées. Trois semaines plus tard, l’hôpital la rappelait pour annuler l’opération: aucune activité maligne n’avait été détectée au niveau des microcalcifications.

Aujourd’hui encore, je repense à ce concours de circonstances qui a permis à Sylvie de garder sa belle poitrine intacte. Si elle avait subi un dépistage en novembre, son cancer en phase active aurait été découvert – elle serait rentrée dans la machine infernale de l’opération, de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Alors que la simple résolution de son problème parental suffisait à la guérir. Si elle ne m’avait pas croisé « par hasard » une heure avant d’entrer à l’hôpital, on lui aurait enlevé un sein parfaitement sain à cause de l’ignorance de son oncologue. Conclusion de cet épisode: le dépistage systématique n’est pas nécessairement synonyme de prévention. Parfois, c’est même le contraire qui se passe. Dans le cas de Sylvie avec qui je suis encore en relation aujourd’hui, cette aventure s’est bien terminée. Ce n’est pas le cas pour toutes les femmes. Nous verrons cela le mois prochain. »

Jean-Jacques Crèvecoeur

Montréal